Welcome to the United States of America

Ce matin je me suis levée à Brest, ce soir je me couche à Rockville (Maryland) et en l’espace de ces quelques 26h et 7000 km, je peine à réaliser que ma vie vient de totalement basculer. Je ne nierai pas avoir eu un gros pincement au cœur à l’aéroport de Brest, après que mon père m’ait fait un signe d’au-revoir derrière la vitre de la zone d’embarquement. Ensuite c’est la fatigue qui a pris le relai, n’ayant pas réussi à dormir la nuit précédente.

Embarquer dans l’A318, décoller, atterrir, récupérer les bagages à l’arrivée à Charles de Gaulle, déplacer la montagne de valises du terminal 2 au terminal 1, se présenter au comptoir United Airlines, sortir une première fois le DS-2019 et expliquer, « recherche», « cancer», « postdoctorat». Se faire gentiment délester de 100$ pour un bagage supplémentaire, repasser la sécurité, présenter carte d’embarquement et passeport encore et encore, et attendre patiemment dans un fauteuil, face au tarmac. Sans dormir.

En attendant d’embarquer dans le Boeing 777, j’étais avant tout pressée de pouvoir fermer les yeux et me reposer un peu, si bien que je ne réalisais pas vraiment que c’était la dernière étape avant de traverser l’Atlantique. Et j’essayais surtout de ne pas trop penser à ce que je suis en train de faire. Mon amie Maud, deux mois plus tôt, s’était demandée une fois dans l’avion pour New-York ce qu’elle faisait là et ce qui lui avait pris de partir si loin de sa famille, alors je m’étais préparée depuis un moment à subir un coup de pression une fois l’avion décollé. Pourtant c’est l’inverse qui s’est passé : je me suis détendue, j’ai écouté les gens parler anglais, je les ai observés. Je n’avais plus peur du tout, j’avais hâte d’arriver, je souriais toute seule.

2016-03-30 17.51.04

A l’arrivée à l’aéroport international de Dulles, j’ai passé le contrôle de la douane sans problème. Il faut dire que l’agent sur lequel je suis tombée m’a draguée de façon plutôt éhontée, m’avouant notamment être content que je n’aie pas eu de stylo dans l’avion pour remplir mon formulaire puisque ça lui laissait plus de temps pour me regarder (et on dit que les français sont de gros lourdauds de la drague…). Etape sans difficulté majeure, donc.

Une fois mes bagages récupérés (ouf), j’ai enfin réservé une place dans un « super shuttle » pour me rendre à Rockville (Maryland), au domicile de Rose, mon hébergeuse AirBnb. Pour ceux que ça intéresse, quand vous arrivez à l’aéroport aux USA, que vous êtes tout seul, que vous n’avez donc pas envie de payer 80$ une course de taxi, et qu’en même temps vous êtes trop chargé pour prendre les transports en commun, il existe une solution intermédiaire. Ces «  super shuttles » (ou « supreme airport shuttles » pour la concurrence) sont des « shared vans », c’est-à-dire des minibus de 9 places prenant plusieurs clients allant relativement au même endroit. On est donc déposé devant le lieu où on se rend, et le tarif est raisonnable (30$ pour faire Dulles – Rockville), super pratique donc.

map

Au passage, je suis plutôt contente d’avoir mis au point un système D pour pouvoir déplacer mes bagages toute seule en l’absence de chariot : deux bagages d’une capacité de 104L montés sur 4 roues, identiques et chargés de façon équivalente (respectivement 22,9 et 23 kg, après un DUT Mesures Physiques on ne rigole plus jamais sur des questions de métrologie), un bagage cabine à étendre sur le dessus entre les « poignées », et une sangle pour consolider le tout (la touche pro d’un père bricoleur). Bref c’est pas pour me la raconter mais si un jour vous partez dans les mêmes conditions, je vous le reconseille. Grâce à ça je n’ai pas pleuré de rage en prenant le CDGval. Photo à l’appui (floue mais à l’appui quand même).

bagage

Ces parenthèses fermées, après un trajet en pleine heure de pointe, j’ai été chaleureusement accueillie par Rose chez qui je vais passer les quinze prochains jours. Sous un ciel bleu et par 18°C, Rockville est un lieu plein de charme avec ses maisons colorées et ses porches blancs. J’ai donc hâte de visiter cette ville, ainsi que Bethesda et bien sûr Washington même. A présent, ça fait maintenant plus de 42 heures que n’ai pas dormi à proprement parler, alors je termine ici le récit de mon grand départ.

chambre

Daphné


This morning I woke up in Brest (France), tonight I’m going to bed in Rockville (Maryland) and in the space of around 26h and 4500 miles, I struggle to realize that my life entirely changed. I won’t deny that I had kind of heartache at Brest airport, after my father mimed a goodbye behind the boarding zone window panels. After that, since I was not able to sleep the night before, I got too tired to be really sad.

Boarding on A318, taking off, landing, getting the baggage at the arrival in Charles de Gaulle, moving the mountain of baggage from terminal 2 to terminal 1, reporting to United Airlines counter, getting out the DS-2019 for the first time and explaining, “research”, “cancer”, “postdoctoral fellowship”. Getting nicely rid of 100$ for an additional baggage, showing my boarding pass and passport again and again, and waiting patiently on a seat, in front of the tarmac. Not sleeping.

Before boarding on Boeing 777, I was above all else looking forward to closing my eyes and resting, so that I didn’t really realize this was my last step before crossing the Atlantic ocean. And I was trying not to think too much about it. I had read Maud’s post on the blog: once she boarded on the plane, she was asking herself “what am I doing here and why did I left all my friends and family to live so faraway?” Therefore I was expecting to be overwhelmed once the plane would take off. And yet what happened was the absolute opposite: I relaxed, listened to people talking in English, looked at them. I wasn’t afraid anymore, I was looking forward to arriving, smiling all alone.

At International Dulles Airport, I went through customs easily. To be honest, I came across a custom officer, who hit on me very strongly, confessing for example being really glad that I didn’t have a pen in the plane to fill a form, hence letting him more time to look at me (and we say that French guys are really heavy seducers…). A step without major difficulty hence.

Once I got back all my baggage (phew), I booked a seat in a “super shuttle” to Rockville (Maryland), at Rose’s house, Rose being my AirBnb hostess. For those interested, when you arrive at an airport in USA, travelling alone, or not wanting to pay 80$ of taxi fare, but that at the same time you have too much baggage to take the public transportations, there is an intermediate solution. Those “super shuttles” (or “supreme airport shuttles” for the concurrency), are “shared vans”, which means 9 seats minibuses that drive several customers to a same area. We are then dropped off at the address we want to go, and the fees are reasonable (30$ for a Dulles – Rockville ride), hence very convenient.

By the way, I’m pretty glad that I came up with a makeshift system to be able if needed to move all by baggage all alone and without a luggage cart: two pieces of baggage of 104L on 4 wheels each, identical and equally loaded (respectively 50.5 and 50.7 lbs., after a bachelor in Physical Measurements you never mess around with metrology questions anymore), a cabin baggage to lay on the top of the two others between the handles, and a strap to secure the whole thing (the “pro” touch of a handy father). Anyway, I don’t want to show off but if one day you’re travelling the same way, I recommend it. Thanks to this system I didn’t cry over while taking the CDGval (CDGval=Charles De Gaulle airport metro shuttle between terminals).

This digression being over, after a ride at peak time, I was warmly welcomed by Rose, who’s house I’m going to stay at for the next fifteen days. With a blue sky and 64.5°F, Rockville is a lovely place with its very colored houses and white porches. I’m looking forward to visit the town, as well as Bethesda and Washington of course. But now, it has been 42 hours since my last real sleep, so I’m going to end here this story of my big move.

Daphné


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