First days in DC

Ca fait maintenant 8 jours que je suis arrivée sur le territoire américain, et je dois dire que j’ai l’impression que ça fait bien plus. Le 2ème jour, Rose, mon hôtesse AirBnb, m’a demandé quel effet ça me faisait d’être là, si loin de chez moi, et je lui ai répondu : « c’est bizarrement pas bizarre ». Récit de 8 jours d’une anormale normalité donc…

Pour commencer, j’ai été très bien accueillie par Rose, qui a vécu un an en France (oui bon, à Tulles, si j’étais mauvaise langue je dirais « pas de bol ») et s’est donnée pour mission d’être aussi agréable avec moi que les français l’ont été avec elle (si si, c’est possible des fois les français sont gentils), et avec qui je partage mon expérience, comparant nos cultures et nos habitudes. Une multitude de petites choses diffèrent, les sujets de conversation ne manquent pas…

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Les deux premiers jours, j’ai visité. Rockville d’abord, puis Washington évidemment, à commencer par le secteur ultra-touristique (les musées de la Smithsonian Institution, le bassin Tidal, tous les mémoriaux dédiés aux présidents les plus célèbres ou à des personnalités historiques comme Martin Luther King). Durant cette période printanière se déroule le National Cherry Blossom Festival (festival des cerisiers japonais). Alors pour la petite histoire, au début du siècle dernier (en 1912 pour être précis), dans un souci d’amélioration des liens entre le Japon et les Etats-Unis, le maire de Tokyo a offert 2000 cerisiers japonais à la ville de Washington. A présent, chaque année, ce festival qui fête l’arrivée du printemps attire un nombre incroyable de touristes. Les prix grimpent, les cars de touristes affluent de partout. Bon en même temps, il faut dire que ça ressemble à ça …

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Quant aux mémoriaux …

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A cette période, les nuits peuvent être vraiment très fraîches mais en journée, tee-shirts et tongs sont envisageables, voire préconisés (bon au moment où j’écris un vent glacial nous décourage depuis plusieurs jours de se croire en été, mais il paraît que c’est très rare). En tous cas pour la journée de vendredi dernier, une certaine idiote est même allée jusqu’à prendre un coup de soleil (suivez mon regard)…

Le vendredi soir, en attente depuis 3 jours de la publication de mon annonce écrite sur un groupe Facebook dédié aux colocations et sous-locations, je me motive à lire une bonne cinquantaine d’annonces de colocation sur Craigslist, l’équivalent américain du Bon Coin. En sélectionnant une dizaine, j’envoie des demandes de visite adaptées à chaque style d’annonce, tentant de maximiser mes chances. Une info pour ceux qui chercheraient une coloc aux USA, certains états comme le District of Columbia (DC) ont légalisé la marijuana depuis quelques années, du coup dans les annonces on peut souvent lire “4-20 friendly”, une sorte de nom de code à connaître si l’on veut choisir sa chambre en toute connaissance de cause. A quelques miles de là, en Virginie ou dans le Maryland (où se trouve mon labo), vous ne trouverez pas ce terme car la consommation de marijuana est prohibée.

Pour revenir à ma recherche de chambre en coloc, dans la même soirée, je reçois trois réponses (je ne serai au final d’ailleurs jamais contactée pour les annonces restantes).

Dans la première réponse, une certaine Christina est très enthousiaste vis-à-vis de mon profil. Après quelques échanges de mail pour organiser ma visite, il s’avère qu’elle me propose finalement de changer d’appartement, passant d’un T3 à un T2, et de partager l’une des deux chambres avec une troisième personne. Face à ce retournement de situation plutôt étrange et peu rassurant, je décline rapidement l’offre.

La deuxième réponse correspond à une annonce assez atypique. Pour bien retranscrire le style, autant en copier coller une partie :

« Gadzooks, craigslister! Looks like the Information Superhighway has led you to an eclectic house of electrifying roommates, working together to keep the Tenley Tango thriving. Reset those ones and zeros, and we’ll hack a torrent into a digital congress together! […] If you’re interested, please send us some information about yourself. If you’re VERY interested, be sure to also include information about your favorite dinosaur. Due to the high number of responses (and dino facts), we may not be able to schedule everyone for an interview.»

Bon, alors dans ce genre de cas, on ne se laisse pas abattre, hein… On veut des réponses et des visites, alors on glisse dans sa candidature qu’on passe beaucoup de temps sur son ordi et qu’on a toujours eu un gros faible pour les ptérodactyles. Le pire, c’est que je suis sélectionnée pour une visite cinq jours plus tard, les colocataires croulant sous les demandes.

La dernière des 3 réponses concerne mon annonce coup de cœur, la coloc à laquelle je n’osais même pas rêver, celle qui correspond à tout ce que j’ai pu imaginer ces derniers mois en me renseignant sur Washington : une maison colorée, sur deux étages, avec un intérieur chaleureux et des bow windows, entourée d’espaces verts et située à mi-chemin entre deux quartiers très animés et bien placés: Woodley Park et Adams Morgan.

Petit plan pour l’occasion

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La propriétaire de cette « shared house » très attractive me propose de visiter la maison le lendemain à l’occasion d’une « open house » organisée entre midi et 13h30. Le samedi donc, mon enchantement commence dès la sortie du métro à Woodley Park. On sent dans l’air une sorte de frénésie dans ce quartier. Je traverse le pont  Duke Ellington (décidemment, ça me plaît), qui surplombe une petite vallée envahie par la végétation. Quelques mètres plus loin, les maisons colorées ont encore plus d’allure qu’en photo.

Deux des colocataires m’accueillent, on discute, mais arrive quasiment aussitôt un autre « candidat » potentiel. Cette maison est absolument parfaite : un salon pour passer du temps entre colocs, une grande salle à manger où ils se réunissent pour des repas communs, notamment pour Thanksgiving, une cuisine vaste et ultra-équipée, un lave-linge au sous-sol ce qui est plutôt rare dans les colocs aux Etats-Unis et la cerise sur le gâteau, une terrasse « pour les repas à l’extérieur et les barbecues » qui fait face à un parc. A chacun des étages, les chambres sont très spacieuses, les salles de bain également. Une troisième des quatre colocataires actuels nous ayant rejoint entre temps, je constate qu’ils ont l’air de très bien s’entendre et d’attribuer beaucoup d’importance à la vie en communauté dans cette maison. En fait, je me sens bien dès l’entrée dans les lieux, et les colocs ont l’air très sympas, alors je ne peux m’empêcher de me projeter, sachant pourtant que je ne suis malheureusement pas la seule candidate. La discussion se termine d’ailleurs à l’arrivée d’une fille pour la visite suivante.

Sortant de là, je trouve du wifi dans le premier café venu et envoie un email surmotivé à Diana, la propriétaire, auquel je reçois rapidement une réponse. Grosse surprise, les colocataires l’ont contactée dès la fin de la visite, ils m’ont choisie et ont demandé à étendre l’offre de quelques jours pour moi (ayant loué un AirBnb pour les quinze jours suivants, louer cette chambre aussi tôt plombe un peu mon budget et je leur en ai tout de même fait part, espérant trouver une solution). Incroyable. Elle me propose même de me laisser un mois pour payer mon dépôt de garantie, pourtant peu élevé. Je confirme ma volonté de louer cette chambre, et suis envahie par un mélange de plénitude et de sidération face à la chance inouïe que je rencontre depuis le début pour tout ce qui concerne ce post-doc.

Ainsi, je suis arrivée aux USA depuis moins de trois jours, et je vais partager d’ici dix jours une maison de rêve avec Suzan, une américaine qui travaille dans le développement international, Alana, psychologue clinicienne américaine également, Martin, data analyste suisse allemand, et Ewan, biologiste anglais. La moyenne d’âge de la colocation étant mon âge, à savoir 30 ans.

Ci après, les photos sont celles de l’annonce, je n’ai pas eu l’occasion d’en faire moi-même.

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Allez, la prochaine fois, je vous parlerai de mes premiers jours au travail !!

Daphné


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