NYC, Round 1

Mon amie Maud, installée à NYC depuis Janvier, étant venue à Washington il y a un mois, je suis à mon tour allée lui rendre visite à NYC il y a de cela bientôt 15 jours. Le prétexte ? Louise (BFF de Maud) et Edouard venant passer une semaine à NYC à l’occasion des 27 printemps de Maud à fêter, et autant de bougies à souffler.

Il y a quand même entre 4h30 et 5h de trajet en bus entre Washington DC et NYC, difficile de conjuguer cela avec des horaires de bureau classiques et sans arriver à une heure trop tardive: j’ai donc opté pour du télétravail pour la journée du vendredi, depuis NYC, d’autant plus que le programme concocté par Maud commençait par un match de base-ball dès 19h le vendredi soir.

Le jeudi en fin d’après-midi, je me suis donc rendue à Union Station, principale gare de DC, pour y prendre un bus m’amenant en plein Manhattan : 7th Avenue & W 28th Street, à deux pas du Madison Square Garden et de l’Empire State Building. Nombreux sont les bus partant de la gare routière sur un créneau d’une heure, même au sein d’une même compagnie (en particulier Megabus, la compagnie que j’avais sélectionnée pour cet aller/retour) ce qui crée une vraie confusion générale.

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Il faut préciser que Megabus a visiblement décidé que l’information, c’était pour les mauviettes, et qu’absolument aucune indication reliant destination, horaire de départ et numéro de bus n’est donnée. Il est donc nécessaire de se renseigner successivement auprès de trois/quatre/cinq membres différents de la compagnie pour obtenir des informations qui se recoupent, puis espérer très fort ne pas voir son bus partir sous nos yeux alors qu’on attend depuis 30 minutes dans la mauvaise file. Après quelques instants de panique, une longue attente dans une file (la bonne ? Suspense intact jusqu’à la dernière minute !), je me suis retrouvée dans le bon bus, à la bonne place, partie en direction de NYC. Sur la route, Baltimore et Philadelphie.

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Je dois avouer n’avoir que très peu regardé défiler les paysages à l’aller, trop occupée à pester contre moi-même d’avoir oublié d’installer un lecteur vidéo sur mon ordinateur pro, et contre Megabus, dont le wi-fi affiché et promis partout jusque sur le flanc du bus était en réalité absolument inexistant. Une bonne heure d’énervement et de tentatives diverses et variées plus tard, j’ai fini par réussir à télécharger VLC en partageant les dernières données 4G de mon téléphone vers mon ordinateur. Mon honneur de geekette sauf, j’ai pu m’émouvoir sereinement devant le film Mustang.

22h24, sur la 7ème avenue, retrouvailles avec Maud et Louise, rencontre avec Edouard. Les bâtiments sont hauts, les gens se pressent. L’Empire State Building est vert, il change de couleur tous les jours pour célébrer une nouvelle cause. Il fait plutôt frais mais de la vapeur s’échappe des bouches d’égout, comme dans les films. A ce propos, New-York dispose d’un large réseau de vapeur collective, localisé sous Manhattan. Plus de 100 miles de canalisations alimentent environ 1800 buildings, c’est-à-dire de nombreux bureaux et commerces mais aussi des résidences et divers monuments ou musées. Ce système est réservé à de très grosses villes car l’infrastructure est extrêmement couteuse, mais il permet à l’inverse de diminuer le coût du chauffage à l’échelle de l’habitant. Ces canalisations, soumises à de hautes températures, donnent lieu à l’air libre à un phénomène de condensation, puis de vaporisation. C’est donc cette vapeur créée au contact de l’air frais de l’extérieur qui sort des bouches d’égout, et non pas celle qui parcourt les tuyaux ! Cet aparté physico-historique étant terminé, retour dans les rues de Manhattan, à Penn station où nous nous dirigeons vers le métro pour prendre la ligne E, direction le Queens, puis la G direction Brooklyn, arrêt à Nassau, domicile de Maud.

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Source : http://www.newyorkcityfeelings.com

Le lendemain, après une journée de télétravail plus ou moins accompli, je rejoins Maud à NYU, où se situe son labo. Ligne L jusqu’à 14th street, marcher sur la 1ère avenue, mon nom correctement écrit sur mon « coffee cup » Starbucks, pour la première fois et sûrement la dernière, d’ailleurs… En approchant d’NYU, je me crois dans Scrubs/Dr House/Grey’s Anatomy, avec toutes ces blouses colorées qui sortent des bâtiments pour aller prendre le métro, baskets aux pieds. Le rendez-vous avec Louise et Edouard est à Grand Central, la belle gare que j’ai aperçue dans tant de films, des « noces rebelles » de Sam Mendès à « Eternal sunshine of the spotless mind » de Michel Gondry, en passant par … « Gossip girl ». Bref. 2nd avenue, 3rd avenue, Lexington avenue… Arrivées à Grand Central, ça grouille de partout dans cette gare, nous retrouvons Carole, la coloc de Maud, et nous filons en direction du Bronx par la ligne 4, pour assister au derby Yankees-Red Socks au Yankees stadium. Excités par cette première expérience des matchs de base-ball, nous nous arrêtons à la boutique du stade. J’opte personnellement pour une main géante en mousse, accessoire incontournable quand on a ingéré autant d’épisodes de Friends que moi (je parle évidemment du cumul d’épisodes, qui va bien, vraiment bien au-delà des 236 épisodes diffusés). Après avoir participé à la prospérité du Yankees stadium par l’achat de casquettes et autres bonnets, et commandé des boissons, nous cherchons nos sièges numérotés dans la tribune XXX. C’est-à-dire tout là-haut, et visiblement à un endroit où nous avons à peu près autant de chances de recevoir la balle que de gagner au loto. Pour indication, nos places valaient environ 30 dollars, mais les tarifs varient entre 5$ et plusieurs milliers, alors évidemment quand on paye bien plus cher on a une meilleure vue et avec un peu de chance on peut voir la balle nous arriver droit dessus … et se battre avec nos voisins pour la réceptionner !! Le match commence un long moment après que nous nous soyons assis et ayons pris un maximum de selfies (comme les 9/10 du stade).

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Crédits : Edouard Constantin (merci!)

Pour résumer, le base-ball est un sport extrêmement lent à regarder (je me moquerai sûrement moins du curling aux prochains J.O.). Après seulement deux manches (sur neuf à douze manches au total), nous commençons déjà à trépigner d’impatience et surtout de froid. Il faut dire que nous n’avons pas été spécialement gâtés avec le temps ce week-end là, et 13 degrés dans un stade quand on est immobile, qu’il y a du vent, qu’on reçoit un peu de pluie sur soi régulièrement, et que de surcroît on n’est absolument pas habillés pour l’occasion, c’est beaucoup trop peu ! Nous essayons malgré tout de nous intéresser aux règles : alors oui le lanceur, le catch, le marbre, les différentes bases, les strikes et les prises de volée … bon …

Nous tenons jusqu’à la 6ème manche, c’est-à-dire au bout de deux heures de jeu, après 4 manches consécutives sans aucun point. C’est long, c’est lent, et si en plus aucune équipe ne parvient à marquer de point on pourrait se rapprocher de l’idée que je me fais du supplice, si cet aspect n’était pas compensé par le plaisir d’être ensemble, les mouvements de danse effectués sur chaque musique pour se réchauffer – durant un match de base-ball la musique est diffusée quasiment en permanence et change toutes les 15-20 secondes, pas le temps de s’ennuyer de ce côté-là –, et les frites, salvatrices ! Malgré tout c’est là notre première expérience d’un sport nord-américain, qui ouvre donc sur d’autres possibilités : hockey sur glace (mais pas trop près du sang), basket-ball, ou encore football américain, même si ce dernier comporte également de grosses longueurs (demandez à Maud ce qu’elle a pensé du superbowl !).

Le samedi, nous commençons par nous rendre au mémorial du 11 Septembre. Plombant, évidemment. A l’emplacement des tours jumelles se situent à présent deux grands bassins, creusés sur plusieurs niveaux. Les noms des disparus sont gravés dans les dalles de marbre qui font le contour de chacun des bassins. , et dans lesquelles les tours environnantes se reflètent.

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On voit des avions passer au loin, derrière ces buildings qui se tiennent encore debout. Laissant Louise et Edouard visiter le musée du World Trade Center, nous nous rendons Maud et moi à quelques mètres de là, au bord de l’eau, où se tient l’America’s cup. Sur le chemin, nous traversons la galerie commerciale de luxe de Brookfield place (Burberry, Gucci, Omega et j’en passe). Dans cette galerie se trouve également Le District, un ensemble de restaurants et comptoirs ayant pour thème « New York with a french attitude ». Je salive, il y a du fromage partout, et notamment un brie en croûte qui nous fait tourner la tête. Français mais pas tant que ça, un vendeur me renomme Destiny sur mon « coffee cup » : le coup de chance de la veille au Starbucks en était vraiment un.

Arrivées au bord de l’Hudson river, nous rejoignons donc badauds et initiés pour suivre cette coupe de l’Amérique (sponsorisée par Vuitton, ne perdons pas le Nord), un véritable évènement new-yorkais puisque cette compétition internationale de voile ne s’est plus tenue à NYC depuis presque cent ans, au profit de villes portuaires telles que Newport, un port de plaisance du Rhode Island à environ 4h au Nord-Est de NYC, San Francisco, San Diego, et même sur d’autres continents (Australie, Nouvelle-Zélande, Espagne). Soyons honnêtes, ne connaissant ni les tenants ni les aboutissants de cette régate, nous nous en tenons à « regarder les bateaux passer ». Il n’empêche que pour une bretonne comme moi ça fait beaucoup de bien d’être au bord de l’eau, de voir des catamarans, de remplir mes poumons d’iode plutôt que de dioxyde de carbone (bon peut-être pas beaucoup d’iode mais c’est toujours ça de pris) et qu’avec tous ces français en marinières, bermudas saumon et chaussures bateaux je me croirais presque à Perros-Guirec au mois d’Août !

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Pour la soirée, Maud nous a préparé un programme intense. Louise et Edouard nous ayant rejoint, le moral dans les chaussettes après leur visite visiblement assez glauque du musée du mémorial du 11 Septembre, nous rentrons à Brooklyn pour nous mettre sur notre 31. Talons hauts obligatoires pour les femmes pour pouvoir entrer dans les boites de nuit les plus standings, mon cerveau féministe a là son premier heurt.

Retour à Manhattan et premier arrêt dans Little Italy (un quartier très agréable), pour boire un cocktail dans un speakeasy. Pour quiconque n’habite pas Paris, NYC ou autre ville faisant la pluie et le beau temps sur les tendances, un speakeasy était un bar clandestin aux Etats-Unis durant la période de prohibition où l’alcool était interdit à la vente et où l’on servait donc des cocktails à l’abri des regards indiscrets (ou oreilles, il était justement demandé aux clients de limiter le volume sonore d’où le terme « speakeasy »). Les années folles revenant à la mode, symboles d’insouciance et de qualité de vie, de nombreux bars clandestins ont donc ouvert leurs portes dans les (très) grandes villes et les capitales. Pour s’y rendre, après une période durant laquelle le bouche-à-oreille était le seul moyen d’obtenir une adresse, toutes les informations nécessaires sont à présent disponibles sur internet. On croit pousser la porte d’un appartement ou d’une cave et derrière, de la musique, des barmen triés sur le volet et grassement rémunérés, une atmosphère d’antan. Pour notre part, au 149 Mulberry Street, c’est en sous-sol que nous descendons, pour ensuite traverser le bar et remonter à l’air libre dans une cour intérieure où la terrasse de ce speakeasy, le Mulberry Project, est installée.

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Les tarifs sont plutôt élevés mais les barmen sont inventifs. Le principe, leur donner quelques indications sur ce que l’on souhaiterait boire : plutôt quelque chose à base d’agrumes, plutôt de fruits rouges, au gingembre, plutôt fort ou doux, sur une base de – choisissez votre alcool, ou sans alcool – puis ils improvisent. Ci-dessous une photo des résultats.

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Des collègues de Maud nous ayant rejoint, ainsi que les fameux A. et K. (cousin et copine du cousin de Maud), nous continuons la soirée non loin de là, au Jing Fong, un restaurant chinois de taille assez démesurée en plein Chinatown. S’en suit un bar de nuit en rooftop, face à l’Empire State Building, où nous attendons patiemment le signal de la promotrice qui va nous faire entrer dans un club.

Alors qu’est-ce qu’un(e) promoteur/promotrice ? Il s’agit d’une personne, dont l’emploi principal n’a d’ailleurs souvent rien à voir avec le monde de la nuit, payée par les clubs pour leur amener de la clientèle. Cette personne s’assure donc de former un groupe composé généralement de plusieurs sous-groupes de personnes (ne se connaissant pas entre eux), et d’amener tout ce beau monde dans le club de son choix (sur consultation des divers sous-groupes, plus ou moins). Le/la promoteur/promotrice connaît les videurs et fait passer son groupe, les femmes d’abord, gratuitement, puis les hommes, qui eux doivent payer 20 ou 30$. A l’intérieur de la boite, le/la promoteur/promotrice amène une ou plusieurs bouteilles d’alcool fort offerte(s) par cette boite à la table à laquelle elle a installé son groupe. En pratique, je me sens plutôt mal à l’aise durant ce moment où nous nous faisons appeler rudement puis parquer entre des barrières, femmes à l’avant et hommes à l’arrière de la file, et où le videur et la promotrice comptent ensemble le nombre de femmes. Sous-entendu : est-ce que la quantité de femmes apportées par la promotrice vaut le coup pour le club d’offrir une bouteille. Deuxième coup dur pour mon cerveau féministe.

Le lendemain midi, réveil à Brooklyn. Le temps s’est nettement amélioré et c’est un réel plaisir de se balader dans Williamsburg. Dans cette partie de New-York, les rues sont colorées, et on retrouve les emblématiques escaliers de secours noirs. L’atmosphère est joyeuse et insouciante, les boutiques sont toutes ouvertes ce qui rend évidemment les dimanches bien plus agréables. De nombreuses façades sont couvertes de street art de très bonne qualité, un vrai régal pour les yeux.

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Afin de satisfaire une véritable tradition américaine, surtout en un jour comme la fête des mères (le deuxième dimanche de Mai aux USA), nous nous rendons à un brunch au Rabbit Hole, sur Bedford Avenue. 40 minutes d’attente étant nécessaires avant de pouvoir être installés, nous marchons jusqu’au bord de l’East river, au Grand Ferry Park, depuis lequel la vue sur Manhattan est imprenable.

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Le brunch est un délice. Œufs à la norvégienne pour certains, Bénédicte pour d’autres, scones, pancakes… Nous sortons de là en roulant mais heureux !

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L’heure de quitter NYC sonne ensuite pour moi. Maud m’accompagne prendre mon bus sur 34th street, entre la 11ème et la 12eme avenue c’est-à-dire au bord de l’Hudson mais également au départ de la High line, un parc linéaire suspendu s’étalant sur 2.3 km et offrant une superbe vue sur Manhattan.

Là, nous établissons ensemble le programme de ma prochaine visite : le festival Governor’s ball en plein NYC (sur Randall’s Island, une ile située sur l’East river, quelque part entre l’Upper East Side, le Bronx et l’aéroport de LaGuardia), Staten Island et le musée de l’immigration, et le Top of the Rock.

Sur le chemin du retour, je reste rêveuse et je profite cette fois du paysage, qui vaut vraiment le coup d’œil. Et quelque part entre Philadelphia et Baltimore, en traversant la rivière Susquehanna, le temps se suspend. Je vous laisse évaluer par vous-même quel sentiment de paix peut m’envahir en cet instant.

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Et sur ces paroles, je vous laisse. Rendez-vous aux prochaines aventures !

Daphné


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