U.S. et coutumes

Ces jours-ci les USA sont particulièrement sur le devant de la scène internationale, avec l’élection inattendue du candidat orange au poste de président des Etats-unis. Cela pose beaucoup de questions et je lis beaucoup de choses sur les Etats-Unis, plus ou moins justes, plus ou moins dures. Cela me donne souvent envie de défendre les américains qui, ayant voté pour Hillary Clinton, se sentent humiliés et se disent que le monde entier doit à présent les prendre en globalité pour une bande de décérébrés. L’une des choses difficiles à vraiment percevoir depuis la France, du moins pour ma part avant de venir y habiter, c’est l’incroyable diversité qui compose ce très grand pays et la complexité qui en découle. A D.C. en particulier, ville multi-ethnique, multiraciale et multiculturelle, Trump n’a remporté que 4% des voix. Dans le comté de Crook, appartenant à l’état du Wyoming, 88% des votes sont allés au candidat républicain (et 70% pour l’ensemble de l’état qui compte à peu de chose près le même nombre d’habitants que la ville de Washington D.C.). Je continuerai une autre fois sur le sujet, je voudrais aujourd’hui m’attarder sur cette notion de diversité culturelle, et plus particulièrement entre la France et les USA.

Alors évidemment, en termes de diversité, on est loin du choc de cultures auquel un indien ou un coréen peut être confronté en arrivant aux Etats-Unis. Pourtant de nombreuses petites choses diffèrent, et font parfois lever les yeux au ciel à la Obélix “ils sont fous ces américains”. A chaque fois que l’on me demande d’en citer, il m’est difficile de trouver des exemples au pied levé ou de réussir à expliquer l’incroyable différence de mentalité. L’une des seules choses que j’arrive généralement à expliquer aux américains est cette façon que les français ont de profiter de la vie au jour le jour, trainant en terrasse pendant des heures, rejoignant leurs amis pour partager un plateau de tapas en sortant du travail, parlant de gastronomie même quand ils sont déjà à table, pour ne citer que ces exemples. Les américains vivent pour travailler, les français eux, travaillent pour pouvoir vivre agréablement (ce qui ne les empêchent pas potentiellement de s’épanouir dans leur travail).

Alors j’ai dressé une liste non-exhaustive de toutes ces petites choses qui nous semblent tellement étranges, à nous français, dans le bon sens comme dans le mauvais, ou encore ces différences, dont on avait déjà connaissance, mais qui ne cessent de nous frapper au quotidien.

  • Je crois que tout européen vivant ou voyageant aux USA au printemps ou en été est forcément sensible à un élément en particulier : la clim. Ici, le grand challenge est de survivre au passage de la fournaise de  l’extérieur – comme je l’ai déjà mentionné à plusieurs reprises, à partir du mois de Juin on ruisselle dès que l’on a l’idée saugrenue de marcher plus de cinquante mètres en plein air – au froid polaire des magasins, des bureaux, des musées et évidemment des restaurants, sans se retrouver alité et nauséeux avec 39 de fièvre à un moment de l’année totalement inapproprié. Les américains n’hésitent pas à pousser la clim au maximum, sans aucune considération écologique par ailleurs. Mais ça, on y reviendra. Résultat des courses, dès le mois de Mai on voit poindre à chaque fenêtre ce qui ressemble à des micro-ondes, les clim individuelles, aux fenêtres de la majorité des appartements qui n’ont pas la climatisation centralisée.

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  • Il faut s’y faire, mais c’est relativement difficile, le volume sonore est incroyablement élevé dans les restaurants. La musique y est diffusée à fond, et les américains, qui parlent déjà assez fort à la base, haussent le ton pour s’entendre. Résultat : la migraine nous guette lorsque l’on sort du restaurant, et à plus long terme on se surprend à parler de plus en plus fort, à l’américaine.
  • Quand vous mangez au restaurant aux U.S., vous avez affaire au minimum à trois membres du personnel : d’abord celui qui vous installe à votre table, ensuite celui qui prend votre commande, puis celui qui vous apporte les plats. Il y a aussi celui qui revient remplir votre verre d’eau toutes les trois secondes et demi, dès que vous en avez bu une gorgée, et en général le serveur qui a pris votre commande repasse également toutes les trois minutes vous demander si tout va bien. C’est assez agaçant et oppressant, surtout quand on n’a même pas encore eu le temps de toucher à son assiette.
  • Dès que vous vous installez à une table, on vous sert un grand verre d’eau plein de glaçons à ras bord (le verre qui sera donc re-rempli sans arrêt ensuite). Les américains et les glaçons c’est incroyable ! Mon frigo a un distributeur de glaçons intégré et la première chose que ma coloc américaine fait en arrivant à la maison le soir est de se remplir un verre de glaçons (avec un peu d’eau). Même en hiver. Mais pourquoi ?!?

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  • Quand vous passez commande au restaurant, les prix indiqués sur le menu ne correspondent pas au montant que vous payerez à la fin. A cela seront d’abord ajoutées les taxes. Puis vous aurez également à payer les « tips » (pourboires), en indiquant sur votre reçu de carte bleue combien le restaurant est autorisé à prélever, ou en laissant du cash. Aux USA, il convient de laisser entre 15 et 20% du montant de l’addition. 15% signifie que vous n’avez pas été satisfait du service ou de la qualité du repas, 20% que c’était super. En général on laisse dans les 18%, et dans certains restaurants un montant indicatif est inscrit en bas du ticket de carte bleue  pour vous aider : 15%-18%-20% mais plus souvent 18%-20%-22% afin de bien nous faire comprendre que donner moins serait malvenu. Les français, peu habitués aux pourboires, sont réputés pour être plutôt pingres sur les tips et ne jamais laisser assez. Il est vrai que le salaire  brut d’un serveur aux Etats-Unis est très bas et qu’il compte sur les pourboires pour obtenir l’intégralité de sa paye. Ce qui explique son empressement à vous demander si tout se passe bien.

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  • Aux Etats-Unis, l’âge légal pour boire de l’alcool est de 21 ans. Le contrôle de la pièce d’identité est donc systématique, que ce soit à la caisse dans les supermarchés, au comptoir dans les bars ou lorsque de l’alcool est commandé au restaurant. Pour éviter de perdre du temps, de nombreux établissements, que ce soit bars, restaurants ou encore salles de concert, instaurent un système de vérification de l’âge dès l’entrée. Ce qui fait que les « underage », c’est-à-dire les jeunes adultes qui ont le droit de conduire (à partir de 16 ans en moyenne sur l’ensemble des états), voter (à partir de 18 ans), se marier (à partir de 18 ans), mais pas de consommer de l’alcool ou d’accéder à certains espaces tels que les casinos (à partir de 21 ans), se voient refuser l’accès à de nombreux endroits. Concernant les salles de concert, je pense qu’il doit être extrêmement frustrant de ne pas pouvoir aller écouter les groupes qu’on aime pour ce genre de raisons. Un grand nombre d’underage ont donc recours aux fausses pièces d’identités (faux permis de conduire la plupart du temps). D’autre part, lorsque vous avez largement passé l’âge auquel il est encore possible d’être pris pour un mineur, il est plutôt surprenant que l’on exige de vous la présentation de votre pièce d’identité, mais c’est la loi, même si vous avez 75 ans.
  • Une chose typiquement américaine mais qui commence un peu à se développer en France et c’est tant mieux, c’est le doggy-bag. Dans ce temple du gaspillage que représentent les USA, il est d’ailleurs plutôt étonnant qu’une telle coutume existe… Mais lorsque vous n’avez plus faim à  la moitié de votre assiette, ce qui arrive régulièrement au vu des quantités XXL servies ici, vous pouvez demander à emporter le reste chez vous, et on vous l’emballe. Sans vous regarder de travers.

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  • On croise des écureuils partout dans les rues mais aussi des rats. Concernant ces derniers, cela m’a valu à plusieurs reprises de ne pas passer bien loin de l’arrêt cardiaque, et j’ai percé les tympans des passants en manquant d’en écraser un en faisant mon footing. Cela dit, je commence à m’y habituer. Les rats sont de la taille des écureuils, au passage.

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  • Les sirènes de pompier et de police, c’est certainement ce à quoi je mettrai le plus de temps à m’habituer. Quand un camion de pompier passe, on laisse tomber ses sacs de courses par terre pour se boucher les oreilles, tellement le volume de la sirène est élevé. Pareil pour la police, qui soit dit en passant est partout, patrouillant à tous les coins de rue. Ça aussi c’est un peu étrange.
  • Il y a une chose qui m’a fait hurler quand je suis arrivée, c’est la livraison des colis sur les perrons des maisons. J’avais commandé mon matelas par Amazon et je me suis rendue compte qu’il venait d’être livré avec un jour d’avance et laissé devant ma porte d’entrée à Washington D.C., alors que j’étais au travail à Rockville, dans le Maryland. Je suis partie en trombe du travail et ai passé une heure dans les transports en commun à m’énerver et paniquer à l’idée que mon matelas ne serait sûrement plus là le temps que j’arrive. Que n’importe qui pouvait l’embarquer en quelques minutes. En réalité il était toujours là plus de deux heures après la livraison, quoique très visible depuis la rue. Partout, des colis décorent donc les perrons des maisons, d’autant plus que les américains sont de grands consommateurs (sur-consommateurs ?) et qu’Amazon marche à plein régime, la majorité d’entre eux bénéficiant de la livraison gratuite avec Amazon Prime. Bon. C’est le moment où je me dois d’avouer que c’est une «coutume locale » à laquelle je me suis TRÈS vite habituée.
  • Un jour, je devrais essayer de faire des statistiques sur le nombre de personnes se baladant dans la rue avec leur tapis de yoga sous le bras ou en bandoulière, un mug de café en main et une lunch box de l’autre. J’ai pris le pli : le matin je remplis mon « travel mug » et je file, mon joli petit panier repas à rayures au bras. Pour le tapis de yoga faut pas pousser.

  • Parlant de yoga, je me dois de dévoiler un véritable fléau, qui je l’espère n’envahira pas la France comme les crocs : l’« active wear ». Le principe ? Etre une femme et passer son temps, hors horaires de bureau tout de même, en tenue de sport. Mais attention, pas pour faire du sport ! De nombreux sites de vente en ligne se sont spécialisés dans la commercialisation  de ces tenues de sport moulantes et fluorescentes supposément dédiées au yoga et au running, deux des activités sportives préférées des citadins. Forcément, il faut assurer un certain roulement ! On croise donc un peu partout ces femmes dont le legging à losanges et bandes transparentes intermittentes semble être devenu leur deuxième peau : dans la rue, au supermarché (surtout les supermarchés bio comme Whole foods), au parc, chez Starbucks ou autre dealeur de mauvais café, bref à aucun moment dans un contexte d’effort physique quelqu’il soit. Une vidéo humoristique qui résume plutôt bien l’absurdité de cette mode fait d’ailleurs un carton à ce sujet :
  • Le yoga et le footing, j’en parlais, c’est un phénomène incroyable ici. Tout citadin qui se respecte passe sa vie à faire du sport (en même temps pour éviter de devenir obèse avec cette alimentation pleine d’hormones et d’antibiotiques il n’y a pas le choix), mais pas n’importe lesquels : le yoga (avec donc ces fameux tapis de yoga partout tout le temps), le footing (je n’ai jamais croisé autant de joggers qu’ici, c’est vraiment impressionnant, et ça commence dès 5h du matin), et bien sûr la musculation. Difficile de dénombrer les salles de sport (appelées « gym » ici) à DC, on en trouve à tous les coins de rue et elles sont toujours remplies. Finalement la vie ici ça peut être : se lever, aller courir, remplir son mug de café et filer directement au travail en marchant vite et en buvant son café en même temps (en option, la séance de yoga matinale). Faire journée continue en grignotant devant son ordinateur. Filer à la salle de sport pour une ou deux heure(s) de « workout », ou aller dans un bar pour un afterwork en happy hour (entre 4h et 6h de l’aprem en général, super pratique …). J’ai oublié de préciser que les américains mangeaient très tôt le soir : ils vont au restaurant à 6h du soir ! Puis rentrer chez soi et se coller devant Netflix. On est loin du rythme à l’espagnole…

Voilà, ça en fait déjà treize, on va s’arrêter là pour cette fois-ci, je continuerai de vous détailler cette liste dans un prochain article.

Je vous laisse, c’est l’heure de mon footing !

Daphnée

 


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