Le jour des grâces

Demain, c’est Thanksgiving.

La plupart des américains en profitent pour faire le pont (et oui, finalement il n’y a pas que les français), et beaucoup d’entre eux sont déjà en congés aujourd’hui, pour ne revenir que lundi matin. Au programme de demain (4ème jeudi de novembre), un repas gargantuesque. J’insiste sur « jeudi » car j’ai eu le droit à des regards horrifiés quand j’ai osé demander si ça pouvait se fêter aussi bien vendredi ou samedi : j’ai bien cru que j’allais finir sur le bûcher pour avoir suggéré une telle ignominie. Demain jeudi donc, je suis invitée chez l’un de mes collègues, car la tradition veut qu’aucun américain digne de ce nom ne laisse pour compte ceux qui ne peuvent célébrer cette fête en famille. Cela inclut donc ceux qui n’ont pas/plus de famille, ceux dont la famille est trop éloignée géographiquement, et les pauvres expatriés qui ne savent même pas ce que représente cette fête.

Il m’a envoyé le menu du repas (oui c’est très organisé), et je ne peux résister à l’envie de le partager :

Salade

Œufs mimosas

Une sorte de punch de jus de pomme au rhum

Dinde rôtie

Saumon en croute

Farce au pain de maïs, façon Sud des USA

Petits pains ronds

Carottes rôties

Haricots verts aux oignons Cipollini

Purée de pomme de terre

Tarte aux pommes & crème glacée

Autant dire que j’ai quasiment arrêté de me nourrir en prévision de ce repas et que je vais sûrement essayer de me trouver un pantalon de grossesse pour éviter tout problème de serrage de ceinture (pour les amateurs de Friends).

Je dois m’y rendre pour 16h. Et oui, je vous ai déjà expliqué que les américains dinaient tôt, eh bien c’est pire lors des occasions spéciales. Avant le repas, on essaye de passer du temps ensemble, en discutant, en cuisinant, ou en jouant (exemple : se faire des passes avec une balle de football américain.)

Ce soir, il va falloir que je me prépare une antisèche sur ce à quoi je rends grâce, car c’est le grand principe de Thanksgiving : on s’entoure de ses proches, on prépare à manger pour quinze jours en piochant dans une liste très précise de plats (on pourrait par exemple ajouter ici un gratin de patates douces, ou encore une tarte à la citrouille), et on rend publiquement grâce pour tout ce qui nous est arrivé de super ou ce à quoi on tient. C’est une journée spécial Bisounours en somme.

Pour revenir quelques secondes sur cette tradition, son origine remonte à Novembre 1621, où des colons anglais de Plymouth (Massachussetts, USA) ont célébré les premières grâces en compagnie d’indiens de la tribu des Wampanoags. Un an plus tôt, en Septembre 1960, ces colons originaires de Plymouth (Angleterre, ben oui…) fuirent les persécutions religieuses de l’Eglise britannique et traversèrent l’Atlantique à bord du Mayflower pour venir s’installer notamment sur les terres de ces indiens Wampanoags. L’hiver qui suivit leur arrivée fut tellement dur qu’une bonne partie de ces colons n’y survécut pas, en raison du froid et de la famine. La partie miraculeuse de cette histoire est que deux indiens Wampanoags aidèrent les colons qui avaient envahi leurs terres, leur apprenant à pêcher, chasser et à cultiver le maïs. Après une récolte fructueuse, le gouverneur de cette colonie, William Bradford, décréta trois jours de festivités et de prières afin de célébrer cette première récolte, et les indiens furent été invités à ce repas (dindes sauvages, pigeons et bien entendu maïs au menu), en guise de remerciements. On passera sur le massacre des indiens d’Amérique qui a suivi sur le territoire du Nouveau Monde, devenu les Etats-Unis d’Amérique…

En bref, c’est l’une des fêtes américaines les plus importantes (les canadiens fêtent également Thanksgiving, mais le 2ème lundi du mois d’Octobre), et cela fait maintenant au moins une semaine complète que tout le monde n’a que ces deux mots à la bouche « holidays » et « thanksgiving ». Une bonne vingtaine de personnes au travail m’ont demandé où je fêtais ça (j’ai au passage découvert que certains de mes collègues croyaient que la purée de pommes de terre était typiquement américaine, hum). Et depuis lundi tout le monde se souhaite « happy holidays ». A noter que de manière générale, les fêtes de fin d’année sont résumées par « holidays », évitant ainsi de privilégier une religion plutôt qu’une autre (Hannukah pour la communauté juive, Noël pour la communauté chrétienne).

Le jeudi de Thanksgiving est suivi de Black Friday, qui marque traditionnellement le coup d’envoi de la période des achats de fin d’année. Son origine remonte à une époque où la comptabilité était tenue à la main, en rouge lorsque déficitaires, c’est-à-dire toute l’année jusqu’à ce fameux vendredi, puis en noir lorsqu’ils passaient dans le positif suite aux achats de ce lendemain de Thanksgiving. C’est une journée durant laquelle de très grosses réductions sont appliquées, en particulier sur l’électronique et l’électroménager, et les américains font la queue dans les magasins des heures durant, depuis 7h du matin jusqu’à minuit. Les achats « online », avec toutes les réductions associées tout au long de l’année, ont cependant un peu diminué l’importance du Black Friday depuis quelques années.

Voilà, si je survis à ce repas, j’en publierai des photos. Ah oui, comme on est un peu maso, avec mes colocs on remet ça samedi à la maison pour un « Friendsgiving » auquel on a convié une quinzaine de personnes. Chacun des colocs cuisine au moins un plat mais on est prudents, on va prévoir des « doggy bags ».

Daphné

happy-thanksgiving

Crédits : http://www.purdue.edu

Crédits (image à la une): www.dogonews.com


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